De quelques personnages importants qui gravitent à Souvigny dans les années de la construction de l’orgue (1782-1783)…

Le site des Amis de l'orgue Clicquot vous propose les onglets suivants :

- L'orgue Clicquot : composition, photos, facteurs intervenus sur l'instrument 

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- Discographie

- Publications

- État de l'orgue

- Entretien et soins apportés à l'orgue

- À l'époque de la construction de l'orgue (page actuelle)

- Théorie pratique de la facture

Au sujet de l’orgue Clicquot, plusieurs questions restent encore sans réponse : qui, à la fin du XVIIIe siècle, a commandé l’instrument ? Qui a choisi François-Henri Clicquot, facteur d’orgues du Roy, le plus prestigieux facteur de l’Ancien Régime ? Pourquoi lui, dont Souvigny reste un des chantiers les plus éloignés de la capitale ? Qui a payé et réceptionné l’instrument ?

Plusieurs personnages dont les noms suivent ci-dessous savaient, forcément. À la suite d’Henri Delorme, titulaire de l’instrument de 1972 à 2012, nous tentons de reprendre l’enquête. Toute aide, tout indice, seront les bienvenus.

Gaspard Bardonnet, prieur commendataie

- Gaspard Bardonnet, prieur commendataire de 1758 à 1792 (1). Il signe toujours « l’Abbé Bardonnet ».

Dom François de Lacroix, prieur claustral

- François de Lacroix (ou Dom Lacroix), né à Lugny le 17 mars 1730; profession de foi au sein de l'étroite observance le  17 mai 1746, décède le 14 mai 1784 à Paray le Monial, premier visiteur de l'étroite observance de l'ordre de Cluny, est nommé prieur claustral à Souvigny le 6 mai 1781. Il semble quitter Souvigny dès le 15 février 1782 où il délègue le monastère au sous-prieur Dom Guienot (ou Guyenot). Dom Lacroix succède au prieur Dom Joseph Bonnaventure [sic] Petitjean. Le 21 mai 1784, Dom Joseph Clairsac lui succède officiellement (2). Le nom de Dom Lacroix est présent, inscrit sur un parchemin, dans la laye du positif de l'orgue Clicquot. Une conférence sera prononcée prochainement afin d'éclairer la personnalité de Dom Lacroix.

Verron, Curé

- Antoine-Augustin Verron, curé de 1759 à 1792 (4).

- Jean-Chrisostome Carton de Mincourt (Landrecies 1752 - Lille 1813), organiste (et également commis-greffier). 

De ce personnage, nous savons, de manière certaine (minutes de notaires) qu’il est à Souvigny de janvier 1787 à juillet 1787 – ce qui ne veut pas signifier qu’il n’est pas présent au-delà de ces deux dates. Jusqu'à très récemment, on ignorait tout de son parcours.

 

On le trouve organiste le 3 juin 1782, à Écouis (Eure - collégiale Notre-Dame) pour toucher les orgues. Il est reçu le mois suivant pour 75 livres par quartier.  Il ne réapparait pas par la suite dans les registres, mais un nouvel organiste est nommé à la mi-décembre 1783.

 

Le 13 juin 1784, à Pontoise, les archives (88 v°-89 r° v°) signalent le mauvais état de l'orgue, et des réparations à faire. Mais elles indiquent aussi la réception d'un nouvel organiste au lieu du sieur Miroir : Jean Chrysostome Carton, à 400 livres par an (reçu verbalement le jour de Notre Dame de mars dernier). 

Le 18 juillet 1784 (90 r°-91 r°), Clicquot intervient pour réparer l'orgue de Pontoise.

Le 26 février 1786 : Jean Chrysostome Carton est allé trouvé M. le premier Marguillier pour le prévenir que ses appointements ne lui suffisant pas pour vivre, et ne trouvant pas d'occupation ailleurs dans cette ville, il s'est déterminé à chercher une place plus lucrative. En conséquence il prie l'assemblée de recevoir sa démission pour Pâques [16 avril 1786] (sources : MUSEFREM). Les marguilliers écrivent alors à Balbastre afin qu'il les conseille pour un nouvel organiste.

Quand Carton est en poste à Pontoise, il ne peut être en même temps à Souvigny : cela signifie donc qu’il arrive à Souvigny après le 16 juillet 1786.


Autre précision : à Pontoise (Saint-Maclou), la réception des travaux de l’orgue entrepris par Clicquot a eu lieu le 13 octobre 1784 avec le concours de Claude Balbastre, Jean-Jacques Beauvarlet-Charpentier et son fils Jacques-Marie. À cette date du 13 octobre 1784, Carton était le titulaire de l’orgue de Pontoise : il est donc plus que probable que Carton connaissait et Clicquot, et Balbastre et Beauvarlet-Charpentier. Il est assez facile d’imaginer que Carton, cherchant un emploi mieux rémunéré qu’à Pontoise, se soit tourné vers Clicquot pour trouver un autre poste. Et si Carton de Maincourt est arrivé à Souvigny, on peut raisonnablement formuler que c’est Clicquot qui lui a indiqué la construction du nouvel orgue ! On peut aussi ainsi penser que Balbastre et Beauvarlet-Charpentier, connaissant Carton de Maincourt, connaissant Clicquot, étaient parfaitement informés de la construction de l'orgue de Souvigny.

Carton de Mincourt, organiste
D'Alphonse, avocat

- François-Louis-Charles Crosse, procureur du roi et maire.

- François-Jean-Baptiste D’Alphonse (1756-1821), avocat au Parlement, receveur du grenier à sel.

Pour plus de précisions sur D'Alphonse : 

Martin Martinet, lieutenant général

- Martin Martinet, conseiller du roi, lieutenant général en la sénéchaussée et châtellenie royale de Souvigny.

Martin Charrier, greffier

- Martin Charrier, greffier en la sénéchaussée et châtellenie royale de Souvigny.

Aucouturier, notaire royal

- Guillaume Aucouturier, notaire et procureur de la juridiction royale de Souvigny.

Soulier, notaire royal

- Pierre Fallier, notaire de la juridiction royale de Souvigny.

- Pierre Soulier, notaire et procureur de la juridiction royale de Souvigny.

Joseph Evezard, architecte

- Joseph Evezard (1711-1783), architecte, travailla à la sacristie de l’église des bénédictins et à la verrerie royale.

Jean Baille, recteur du collège

- Jean Baille, recteur (1776-1792) (3) du collège de Souvigny.

cartouche présent dans l'orgue : "fait par Mr Clicquot facteur du Roy à Paris en1782"

- Jacques Brosse, maître masson [sic] et tailleur de pierre (travaux en 1769 à la chapelle des Bourbon).

- Jean Mercier, maître charpentier et entrepreneur d’ouvrages demeurant la ville de Moulins (travaux en 1769 à la chapelle des Bourbon).

Et bien évidemment François Henri Clicquot (1732-1790), facteur d’orgues du Roi.

Clichés JLP. Avec l'aimable autorisation de M. Denis Tranchard, directeur des Archives départementales de l'Allier. Merci à MM. Jean-Thomas Bruel, Maxou Heintzen, Jean-Michel Noailly pour leur aide et leurs conseils éclairés. 

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(1) Cf. AUCOUTURIER (Henri), Souvigny, Crépin-Leblond, Moulins, 1914, p. 18.

(2) AD de l'Allier H616 bis

(3) Cf. AUCOUTURIER (Henri), Souvigny, Crépin-Leblond, Moulins, 1914, p. 89.

(4) Cf. DÉNIER (Marc), L'ancien canton de Souvigny de 1789 à l’an VIII, Moulins, 1907, p. 192.